La loi n° 18 de 2024 se lit comme un texte environnemental, mais elle adresse ses obligations directement au propriétaire d'un immeuble : fournir des conteneurs, les remplacer par de plus grands en cas de débordement, aménager à l'intérieur un local de collecte conforme au Dubai Building Code, clôturer les chantiers. Aux résidents elle interdit ce qui se fait chaque jour : rejeter les condensats de climatisation et l'eau de lavage des voitures sur le trottoir. Et la remise en état aux frais du contrevenant s'accompagne de 25 % de frais administratifs.
Vérifié le 15.09.2026 auprès des sources officielles : le texte de la loi n° 18 de 2024 provient du portail législatif de Dubaï (dlp.dubai.gov.ae). Les liens vers la source figurent à côté de chaque règle et en fin de texte. Le portail précise que la version anglaise est une traduction et que le texte arabe prévaut en cas de conflit. Ceci n'est pas un conseil juridique : un immeuble et une mise en demeure donnés s'apprécient sur leurs propres documents.
Une loi sur la gestion des déchets a l'air d'un sujet pour écologistes et entreprises. Mais son article 7 s'adresse au propriétaire de l'immeuble, et son article 6 à chacun de ceux qui y habitent. Les deux sont rédigés concrètement, sans généralités.
Le document est la Law No. (18) of 2024 Regulating Waste Management in the Emirate of Dubai, prise le 4 septembre 2024. L'article 31 : la loi entre en vigueur trente jours après sa publication au Journal officiel.
Où elle s'applique
L'article 3 reprend la formule de la loi d'urbanisme : les dispositions s'appliquent à toutes les zones de l'émirat, y compris les zones de développement spécial et les zones franches, telles que le Dubai International Financial Centre — ainsi qu'à l'activité de gestion des déchets et à toutes les entités publiques et privées et personnes qui l'exercent.
Nous avons analysé la même construction du champ d'application dans notre lecture de la loi n° 16 de 2023 sur l'urbanisme : quand le législateur veut couvrir les zones franches, il les nomme.
Ce que doit faire le propriétaire
L'article 7 est une liste de sept points, tous vérifiables sur place :
- fournir des conteneurs pour les déchets produits dans son immeuble, selon les exigences et normes de la municipalité ;
- fournir des conteneurs plus grands lorsque le volume dépasse la capacité des existants ou que les déchets menacent la santé publique et l'environnement ;
- aménager un ou plusieurs locaux à l'intérieur de l'immeuble pour les conteneurs de collecte et de stockage, selon les exigences et spécifications du Dubai Building Code ; des systèmes alternatifs avancés sont admis avec l'accord de la municipalité ;
- respecter le dispositif municipal de nettoyage des espaces publics extérieurs autour des parkings desservant son immeuble ;
- installer des clôtures temporaires autour des chantiers de construction et de démolition pour éviter la dispersion des déchets ;
- éliminer les déchets dangereux et les autres déchets désignés par la municipalité, selon ses exigences ;
- remplir toute autre obligation fixée par résolution du directeur général.
Le troisième point n'est pas une formalité : le local à déchets relève du code de la construction, donc du bâti lui-même et non de l'appréciation du gestionnaire. Le contrôle de la qualité et de la sécurité des bâtiments est traité dans notre lecture de la loi n° 3 de 2026.
Les points un et quatre pèsent directement sur le budget d'exploitation : conteneurs et nettoyage autour des parkings sont, dans une copropriété, des coûts qui atterrissent dans les charges. Où exactement et qui approuve le montant : notre lecture de la loi n° 6 de 2019.
Ce qui est interdit à tous
L'article 6 interdit de se débarrasser de déchets dans les lieux publics ou hors des emplacements prévus, et énumère treize interdictions. Celles qui touchent la vie quotidienne d'un immeuble :
| Interdit | Point de l'article 6 |
|---|---|
| accumuler et stocker des déchets dans les immeubles d'une manière nuisible à la santé, à l'environnement ou à autrui | 1 |
| jeter dans un conteneur des matières susceptibles d'endommager le conteneur ou le véhicule de collecte, ou de mettre en danger les agents | 2 |
| fouiller un conteneur et en disperser le contenu | 3 |
| déplacer un conteneur sans l'accord préalable de la municipalité | 4 |
| endommager un conteneur ou son enclos, ou l'utiliser à d'autres fins | 5 |
| stationner contre un conteneur ou bloquer les accès des installations de gestion des déchets | 6 |
| laisser des déchets se disperser depuis un véhicule sur la voie publique | 7 |
| rejeter huiles usagées, eaux de lavage de véhicules, condensats de climatisation ou toute autre eau sur les trottoirs et les routes | 9 |
| jeter des déchets en mer, dans la crique, les ports ou sur les plages | 10 |
| brûler à l'air libre des déchets | 11 |
| abandonner véhicules, équipements ou engins au détriment de l'aspect général | 12 |
Le point neuf mérite une seconde lecture : les condensats de climatisation sur le trottoir sont un spectacle quotidien, et la loi les place au même rang que les huiles usagées.
Qui tient les registres
L'article 8 vise les producteurs de déchets. Outre le transport vers les sites d'élimination par véhicules autorisés et la réduction active des volumes, il impose une tenue de registre : au moins deux ans pour les déchets non dangereux et cinq ans pour les déchets dangereux, avec types et volumes, à présenter à la municipalité sur demande. Les activités générant de grandes quantités exigent un plan de gestion approuvé par la municipalité.
L'article 9 ajoute deux autorisations : aucune activité de gestion des déchets sans permis municipal — et, séparément, une campagne bénévole de nettoyage requiert elle aussi son accord.
Ce qui se passe en cas d'infraction
L'article 22 : les agents municipaux et autres personnes désignées ont qualité d'officiers de police judiciaire pour constater les manquements, dresser les procès-verbaux et, au besoin, requérir la police.
L'article 23 décrit la fin de parcours, et il contient un chiffre :
« Should the violator fail to remedy the violation, the DM may, by using its own resources or engaging third parties, remedy the violation at the violator's expense; and charge the violator twenty-five percent (25%) of the relevant costs and expenses as administrative fees. »
« Si le contrevenant ne remédie pas à l'infraction, la municipalité peut y remédier par ses propres moyens ou en recourant à des tiers, aux frais du contrevenant, et lui facturer vingt-cinq pour cent (25 %) des coûts et dépenses à titre de frais administratifs. » — Loi n° (18) de 2024, article 23
Le même article : le contrevenant doit remédier à l'infraction, réparer les dommages et rétablir l'état antérieur à ses frais, dans le délai fixé par la municipalité. Celle-ci évalue les coûts, et son évaluation est réputée définitive.
Où réclamer, et dans quel délai
L'article 24 pose une procédure courte et ferme : réclamation écrite au directeur général contre les décisions, procédures et mesures prises à l'encontre du requérant, dans les dix jours de la notification. Un comité formé par le directeur général statue dans les trente jours du dépôt, et sa décision est définitive.
⚠️ Nous ne publions ici ni frais ni amendes
L'article 26 renvoie les frais de permis, d'approbations et de services à une résolution distincte du président du Conseil exécutif. La loi ne nomme pas non plus le montant des amendes administratives. Le règlement d'application est paru sous la forme de la résolution administrative n° 34 de 2026, et nous l'avons traité à part — il ne contient AUCUN montant : son préambule nomme un acte distinct, la résolution du Conseil exécutif n° 58 de 2017 sur les frais et amendes d'élimination des déchets, que nous n'avons pas lue. Nous n'imprimons donc aucun chiffre : les seuls nombres de ce texte sont les 25 % de l'article 23, les durées de conservation des registres de l'article 8 et les délais de réclamation de l'article 24 — tous tirés de la loi elle-même.
Ce que la loi a abrogé
L'article 30 le dit clairement : l'ordonnance locale n° 115 de 1997 et l'ordonnance locale n° 7 de 2002 sont abrogées, ainsi que toute disposition contraire d'autres textes. Pour autant, les règlements, résolutions et manuels pris en application de ces anciennes ordonnances restent en vigueur dans la mesure où ils ne contredisent pas la loi, jusqu'à leur remplacement.
Ce détail compte pour qui cherche les règles applicables : les anciennes ordonnances ont disparu, mais les règlements bâtis sur elles peuvent encore s'appliquer.
Ce que nous n'affirmons PAS ici
- Le montant des frais et des amendes. Ils ne figurent pas dans la loi ; ils relèvent de textes distincts que nous n'avons pas lus.
- Le contenu des manuels techniques. Le règlement d'application est paru sous la forme de la résolution n° 34 de 2026 et est traité à part ; mais les exigences relatives aux conteneurs et aux véhicules, les distances minimales et les délais de décision y sont renvoyés aux manuels techniques de la municipalité, que nous n'avons pas lus.
- Les exigences du Dubai Building Code pour les locaux à déchets. La loi renvoie au code ; nous n'en reproduisons pas les spécifications.
- Les listes de déchets dangereux et non dangereux. La municipalité les tient et les met à jour ; nous ne les publions pas.
- La pratique d'application. Ce que la municipalité tiendra pour une atteinte à « l'aspect général » ou pour une clôture suffisante ne ressort pas du texte.
Sources
- Law No. (18) of 2024 Regulating Waste Management in the Emirate of Dubai — portail législatif de Dubaï : article 3 (champ : toutes les zones de l'émirat, y compris zones de développement spécial et zones franches telles que le DIFC), article 4 (cinq objectifs), article 5 (pouvoirs de la municipalité, dont la supervision des zones franches et la tenue des listes de déchets), article 6 (treize interdictions, dont déplacer un conteneur sans accord, stationner contre un conteneur, rejeter condensats et eaux de lavage sur la voie, brûlage à l'air libre), article 7 (sept obligations du propriétaire, dont le local à conteneurs selon le Dubai Building Code et la clôture des chantiers), article 8 (obligations du producteur, plan de gestion, registre de deux ans pour les déchets non dangereux et cinq ans pour les dangereux), article 9 (permis d'activité et accord pour les campagnes bénévoles), article 22 (qualité d'officier de police judiciaire), article 23 (remise en état aux frais du contrevenant plus 25 % de frais administratifs ; évaluation municipale définitive), article 24 (réclamation au directeur général sous 10 jours, décision sous 30 jours, définitive), article 26 (frais par résolution distincte), article 30 (abrogation des ordonnances locales n° 115 de 1997 et n° 7 de 2002 ; maintien des textes subordonnés non contraires), article 31 (entrée en vigueur 30 jours après publication). Prise le 4 septembre 2024.



