Des coïndivisaires n'arrivent pas à partager un bien et saisissent le tribunal, pour découvrir que la première étape était ailleurs. La résolution administrative n° 51 de 2020 attribue les litiges de partage d'un bien détenu en indivision au Centre de règlement amiable des différends, aux côtés des demandes pécuniaires jusqu'à AED 200 000. Et elle en exclut tout aussi clairement le logement indivis entre héritiers : celui-là a son propre parcours. Analyse du texte officiel du portail législatif de Dubaï.
Vérifié le 15.09.2026 auprès des sources officielles : le texte de la résolution administrative n° 51 de 2020 provient du portail législatif de Dubaï (dlp.dubai.gov.ae). Les liens vers la source figurent à côté de chaque point et en fin de texte. Ceci n'est pas un conseil juridique : la compétence sur une demande donnée est déterminée par l'organe lui-même.
Deux personnes détiennent un appartement en indivision et cessent de s'entendre. Le premier réflexe est d'aller au tribunal. Mais une partie des litiges patrimoniaux à Dubaï passe par une étape préalable obligatoire, et le partage d'un bien indivis y est nommé expressément.
Le document est la résolution administrative n° (51) de 2020 relative à la compétence du Centre de règlement amiable des différends, prise le 16 septembre 2020.
Ce qui relève du Centre
L'article 1 énumère les catégories. La première concerne les biens :
« disputes related to the subdivision of property which is co-owned in undivided shares »
« les litiges relatifs au partage d'un bien détenu en indivision » — Résolution administrative n° (51) de 2020, article 1
Le même article fixe ensuite un seuil pécuniaire et trois catégories procédurales :
| Relève du Centre | Limite | article |
|---|---|---|
| litiges sur le partage d'un bien indivis | aucun seuil pécuniaire | 1 |
| demandes pécuniaires | n'excédant pas AED 200 000 | 1 |
| demandes d'homologation d'accords amiables | quels que soient le montant et les parties | 1 |
| demandes de désignation d'expert avant procès | — | 1 |
| homologation d'accords dans des instances de première instance | avec l'accord du président du tribunal | 1 |
Notez la première ligne : un litige de partage n'a pas de plafond pécuniaire. Le seuil de AED 200 000 vise les demandes d'argent, pas le partage d'un bien. On les confond couramment, d'où la conclusion erronée qu'un appartement coûteux « ne passe pas par le montant ».
Ce que le Centre ne connaît pas
L'article 2 énonce les exclusions, dont l'une porte directement sur l'immobilier :
« disputes related to the subdivision of Residential Real Property which is co-owned by heirs in undivided shares »
« les litiges relatifs au partage d'un bien résidentiel détenu en indivision par des héritiers »
Cette catégorie est retirée de la compétence du Centre et renvoyée à la procédure du décret n° 23 de 2020 — celui dont nous avons analysé les articles en vigueur : quand les héritiers ne s'entendent pas sur la vente.
Les autres exclusions de l'article 2 : les litiges du travail au fond, les affaires familiales, et les litiges au fond impliquant des établissements financiers privés relevant du décret-loi fédéral n° 14 de 2018.
La frontière à retenir
Deux situations qui se ressemblent à l'oreille vont à deux adresses différentes :
| Situation | Où cela va | fondement |
|---|---|---|
| des coïndivisaires (non héritiers) ne parviennent pas à partager | Centre de règlement amiable | article 1 |
| des héritiers ne parviennent pas à partager un logement hérité | procédure du décret 23/2020 → Probate Court | article 2, exclusion |
La différence ne tient ni au montant ni au type de bien, mais à l'origine de l'indivision. Acheté ensemble : une route ; hérité : une autre.
Pourquoi cela compte en pratique
- Une demande mal adressée coûte du temps. Si la catégorie relève du Centre, aller directement au tribunal bute sur la compétence.
- L'expert peut être désigné AVANT le procès. Une catégorie distincte de l'article 1 vise la désignation d'un expert avant l'instance. Dans un litige de partage, c'est souvent le point de blocage : il faut un avis indépendant sur la divisibilité.
- L'accord peut être homologué officiellement. L'homologation relève du Centre quel que soit le montant : l'accord devient un acte, et non une correspondance.
- Le seuil de AED 200 000 porte sur l'argent, pas sur les quotes-parts. Demande de paiement et demande de partage occupent deux lignes distinctes de l'article 1.
Ce que ce n'est pas
Le Centre de règlement amiable n'est pas un tribunal des loyers. Les litiges bailleur-locataire suivent leur propre voie : hausses, expulsions et dépôts relèvent du Centre de règlement des litiges locatifs, dont la procédure est traitée à part, tandis que les règles du bail figurent dans la loi n° 26 de 2007 et le décret n° 43 de 2013.
Il ne remplace pas davantage le registre : même un partage abouti ne modifie le droit que par une inscription au Land Department — pourquoi elle seule le prouve. Et si l'indivision est familiale et qu'on souhaite l'encadrer d'avance, il existe un instrument dédié : le contrat de propriété familiale.
Ce que nous n'affirmons PAS ici
- La procédure de dépôt, les délais ni les frais. La résolution répartit la compétence, non la procédure ; celle-ci vient d'autres textes que nous ne citons pas.
- Qu'un règlement amiable aboutira nécessairement à un accord. Le texte attribue une catégorie au Centre ; il ne garantit pas l'issue.
- La numérotation interne complète des articles 1 et 2. Nous exposons les catégories dont nous avons vérifié le texte.
- Que cela s'applique à votre cas. La compétence sur une demande est déterminée par l'organe, non par cet article.
Sources
- Administrative Resolution No. (51) of 2020 Concerning the Jurisdiction of the Centre for Amicable Settlement of Disputes — portail législatif de Dubaï : article 1 (litiges de partage d'un bien indivis ; demandes pécuniaires jusqu'à AED 200 000 ; homologation d'accords amiables ; désignation d'expert avant procès ; homologation d'accords en première instance avec l'accord du président du tribunal), article 2 (exclusions : litiges du travail au fond, affaires familiales, établissements financiers privés relevant du décret-loi fédéral n° 14 de 2018, et partage d'un bien résidentiel indivis entre héritiers relevant du décret n° 23 de 2020). Prise le 16 septembre 2020.



