La municipalité de Dubaï répartit l'entretien en trois niveaux, et la frontière ne tient pas au budget mais à ce que l'on répare. Peinture, sols, portes, faux plafonds, climatiseurs et systèmes d'extinction relèvent du niveau de base : ni permis ni certificat d'achèvement. Les fissures des façades et des éléments de la structure principale relèvent du niveau structurel : permis auto-délivré via le système de permis de construire. Tassements, fissures dans les dalles, poutres et poteaux, chute de parement et rouille importante des armatures relèvent du niveau spécialisé : essais en laboratoire du béton et de l'acier AVANT les travaux, approbation des plans et responsabilité solidaire de l'ingénieur et de l'entrepreneur.
Vérifié auprès des sources officielles au 2026-09-16 : le texte de la résolution administrative n° 109 de 2022 provient du Dubai Legislation Portal (dlp.dubai.gov.ae), la mention de propriété nommant le Comité législatif suprême de l'émirat. Le portail précise que la version anglaise est une traduction et que le texte arabe prévaut en cas de divergence. Ceci n'est ni un conseil d'ingénierie ni un conseil juridique : un immeuble donné s'apprécie sur ses propres pièces et sur une expertise.
« Faut-il un permis pour rénover un appartement ou une façade ? » : à Dubaï, la question a une réponse écrite, et elle n'est pas organisée par le montant des travaux. La municipalité répartit l'entretien en trois niveaux selon ce qui est réparé, et chaque niveau a sa procédure.
Le document est Administrative Resolution No. (109) of 2022 Regulating the Licensing of Maintenance Works, pris par le directeur général de la municipalité de Dubaï le 20 avril 2022 (19 ramadan 1443 de l'Hégire) ; il entre en vigueur le jour de sa publication au Journal officiel (article 7). Le préambule cite le décret n° 45 de 2021 sur le Dubai Building Code, l'ordonnance de 1961 créant la municipalité, l'ordonnance locale n° 3 de 1999 sur les travaux de construction et ses modifications, la résolution du Conseil exécutif n° 15 de 2021 sur la structure organisationnelle et la résolution administrative n° 10 de 2019 sur le remplacement des bureaux d'ingénierie et des entreprises de construction et la délivrance des certificats d'achèvement.
Trois niveaux et la frontière entre eux
Les définitions figurent à l'article 1, les procédures aux articles 2 à 4 :
| Niveau de travaux | Ce qu'il recouvre (listes ouvertes) | Permis et certificat d'achèvement |
|---|---|---|
| De base | réparation de désordres non structurels : peinture intérieure et extérieure ; remplacement des sols, portes et faux plafonds ; entretien de l'électricité, des eaux usées et installations sanitaires, des climatiseurs, des systèmes d'extinction, de l'isolation des canalisations | ni permis de la municipalité ni certificat d'achèvement requis |
| Structurel | réparation de désordres structurels menaçant la durabilité et non la sécurité structurelle : fissures des éléments de la structure principale, désordres des façades extérieures | permis et certificat auto-délivrés via le système de permis de construire |
| Spécialisé | réparation de désordres menaçant la sécurité structurelle : tassements et fissures dans les dalles, poutres, poteaux ; chute du parement en béton ; rouille importante des armatures ; modification des éléments de la structure principale, y compris renforcement, étaiement et ajout d'éléments | le permis est délivré via le système, le certificat sous réserve de l'approbation des travaux par la municipalité |
Notez comment la frontière est tracée : entre le deuxième et le troisième niveau, ce n'est pas la largeur de la fissure qui compte mais ce qu'elle met en péril — la durabilité de l'immeuble ou sa sécurité structurelle. C'est un ingénieur qui répond à cette question, pas le propriétaire.
Niveau de base : pas de permis, mais six exigences
L'absence de permis n'est pas l'absence de règles. L'article 2 énumère ce qui s'impose même dans une rénovation ordinaire :
- les travaux sont exécutés par un entrepreneur préqualifié par la municipalité ;
- aucune modification architecturale ou structurelle susceptible de compromettre la sécurité de l'immeuble ou de l'une de ses façades n'est permise ;
- la législation de planification et de construction appliquée par la municipalité, avec toutes ses spécifications et conditions, est respectée ;
- les conditions de sécurité publique proportionnées au volume des travaux sont respectées ;
- les exigences de la Direction générale de la protection civile et d'autres autorités sont respectées lorsque leurs textes l'imposent ;
- pour la peinture des façades extérieures, on emploie des couleurs s'harmonisant avec l'environnement et les immeubles voisins, telles qu'autorisées par la municipalité.
Les points 1 et 6 sont ceux que les propriétaires découvrent en dernier. Même peindre un mur à l'extérieur n'est pas une affaire entièrement privée.
Niveau structurel : permis auto-délivré, mais sur preuves
L'article 3 exige quatre choses pour le permis : la demande est déposée par un ingénieur-conseil ou un entrepreneur préqualifié par la municipalité via le système ; sont jointes des photographies de tous les désordres structurels, leurs emplacements précisés ; est présenté un processus de réparation proposé avec les informations sur les matériaux ; les droits prescrits sont acquittés. À l'achèvement, le certificat est auto-délivré via le même système.
Lors de l'exécution s'appliquent les mêmes interdictions et exigences qu'au niveau de base : aucune modification compromettant la sécurité, respect de la législation de construction, de la sécurité publique et des exigences de la protection civile.
Niveau spécialisé : le laboratoire avant la réparation
Ici la procédure est nettement plus stricte (article 4) :
- la demande est déposée par un ingénieur-conseil ou entrepreneur préqualifié via le système ;
- les plans sont soumis à la municipalité pour approbation ;
- des photographies de tous les désordres avec leurs emplacements sont jointes ;
- avant le début des travaux, les essais en laboratoire nécessaires sur le béton et les aciers d'armature des éléments de la structure principale sont réalisés ;
- est présenté un processus approuvé par l'ingénieur-conseil et fondé sur les résultats des essais, avec toutes les données et notes de calcul structurelles et les spécifications des matériaux — afin d'assurer l'intégrité structurelle et la durabilité de l'immeuble pendant toute sa durée de vie ;
- les droits prescrits sont acquittés ;
- les travaux sont exécutés par un entrepreneur préqualifié ;
- le certificat d'achèvement est délivré via le système sous réserve de l'approbation des travaux par la municipalité.
Et la disposition clé pour un propriétaire est l'article 4, d) :
"…the consulting Engineer and the Contractor appointed to implement the Specialised Maintenance Works will be jointly liable for the authenticity of all the information provided to the DM, and for ensuring the safety of the implemented Specialised Maintenance Works and their conformity with the plans and specifications submitted to the DM."
« … l'ingénieur-conseil et l'entrepreneur désignés pour exécuter les travaux d'entretien spécialisés sont solidairement responsables de l'authenticité de toutes les informations fournies à la municipalité, ainsi que de la sécurité des travaux exécutés et de leur conformité aux plans et spécifications remis. » — Administrative Resolution No. (109) of 2022, article 4(d)
Pour le niveau le plus dangereux, le texte ne laisse pas la responsabilité à un seul exécutant : les deux répondent, et non seulement du résultat mais de l'authenticité des informations sur lesquelles le permis a été délivré.
Qui contrôle
Article 5 : le contrôle et l'audit des travaux d'entretien dans l'émirat relèvent du secteur Ingénierie et Planification de la municipalité — il vérifie le respect par les entrepreneurs désignés des spécifications, exigences et procédures techniques de la législation de planification et de construction et de la présente résolution, et prend les mesures nécessaires contre les contrevenants. Les instructions d'application sont émises par le directeur exécutif de ce secteur (article 6).
Comment le propriétaire et l'acheteur doivent lire cela
Trois conséquences pratiques.
Un. Si l'immeuble présente des fissures dans les poteaux ou les poutres, si le parement se détache ou si les armatures sont fortement rouillées, ce n'est pas une réparation cosmétique selon la classification municipale, mais le troisième niveau, avec essais en laboratoire et plans approuvés. Une offre du type « l'entrepreneur rebouche tout en une semaine » contrevient à la procédure.
Deux. Même la réparation de base doit être exécutée par un entrepreneur préqualifié — un critère que l'acheteur ou le locataire peut demander à la société de gestion.
Trois. Les désordres structurels d'un immeuble neuf relèvent d'une autre histoire : là s'applique la responsabilité décennale du promoteur, et les exigences de construction viennent du Building Code et de la loi sur la qualité et la sécurité des bâtiments. La résolution 109/2022 répond à une autre question : selon quelle procédure réparer, et non à qui la faute.
Ce que nous n'affirmons PAS ici
- Le montant des droits. La résolution dit « les droits prescrits » et ne contient aucune somme ; nous n'avons pas lu les textes tarifaires et ne citons aucun chiffre.
- À quel niveau appartient un désordre donné. La frontière tient à la menace pour la durabilité ou pour la sécurité structurelle — une appréciation d'ingénieur, non une conclusion d'article.
- La liste des entrepreneurs préqualifiés ni la procédure de préqualification. La résolution ne les contient pas ; le registre est tenu par la municipalité.
- Le contenu des instructions d'application. Elles sont émises par le directeur exécutif du secteur (article 6) ; nous n'en avons pas vu les textes.
- Le contenu de l'ordonnance locale n° 3 de 1999 sur les travaux de construction. Permis et certificats sont délivrés selon ses exigences et procédures ; nous n'avons pas lu son texte.
- Les approbations supplémentaires au sein d'un immeuble en copropriété. Le consentement d'une association ou d'un comité de copropriétaires aux travaux sur les parties communes relève des règles de copropriété, non de cette résolution.
- La date calendaire d'entrée en vigueur. La résolution s'applique au jour de sa publication ; nous n'avons pas vérifié cette date. La date d'édiction est le 20 avril 2022.
Sources
- Administrative Resolution No. (109) of 2022 Regulating the Licensing of Maintenance Works — Dubai Legislation Portal : édiction par le directeur général de la municipalité de Dubaï le 20 avril 2022, correspondant au 19 ramadan 1443 de l'Hégire, entrée en vigueur au jour de la publication (article 7) ; préambule citant le décret n° 45 de 2021 sur le Dubai Building Code, l'ordonnance de 1961, l'ordonnance locale n° 3 de 1999, la résolution du Conseil exécutif n° 15 de 2021 et la résolution administrative n° 10 de 2019 ; définitions du bâtiment, des travaux d'entretien et de leurs trois types — de base (liste de travaux non structurels, ni permis ni certificat), structurels (menace pour la durabilité, permis et certificat auto-délivrés) et spécialisés (menace pour la sécurité structurelle) — ainsi que du permis, du certificat d'achèvement et du système de permis de construire (article 1) ; six exigences pour les travaux de base, dont l'entrepreneur préqualifié, l'interdiction des modifications compromettant la sécurité du bâtiment et de ses façades, les exigences de la protection civile et les couleurs autorisées pour la peinture extérieure (article 2) ; quatre conditions du permis pour travaux structurels — demande d'un ingénieur-conseil ou entrepreneur préqualifié via le système, photographies des désordres avec emplacements, processus de réparation proposé avec informations sur les matériaux, paiement des droits — certificat auto-délivré et exigences d'exécution (article 3) ; conditions des travaux spécialisés — approbation des plans par la municipalité, photographies des désordres, essais en laboratoire du béton et des armatures avant le début, processus approuvé par l'ingénieur fondé sur les résultats avec calculs et spécifications des matériaux, paiement des droits, exécution par un entrepreneur préqualifié, certificat sous réserve d'approbation et responsabilité solidaire de l'ingénieur-conseil et de l'entrepreneur pour l'authenticité des informations et la sécurité des travaux (article 4) ; contrôle et audit par le secteur Ingénierie et Planification et mesures contre les contrevenants (article 5) ; instructions émises par le directeur exécutif du secteur (article 6).


